Regrouper ses pages par thème : inventaire et redirections
Beaucoup de sites d’entreprise grandissent sans plan d’ensemble. Une page s’ajoute à chaque nouvelle offre et les articles de blog s’empilent sans lien entre eux. Pour remettre de l’ordre, la méthode consiste à regrouper ses pages par thème, en partant de ce qui existe déjà.
Ce désordre a des effets visibles dans Google. Deux articles se disputent la même recherche, certaines pages ne reçoivent aucun lien et des doublons encombrent l’index.
La réorganisation s’appuie sur l’intention de recherche des internautes et sur les règles que Google publie pour les liens internes et les redirections.
Dresser l’inventaire des pages existantes
Le travail commence par la liste complète des adresses web, ou URL, du site. Un logiciel d’exploration comme Screaming Frog SEO Spider suit les liens à la manière d’un robot. Sa version gratuite analyse jusqu’à 500 URL par exploration.
Dans la Search Console, outil gratuit de Google, le rapport Performances montre les recherches tapées et les pages affichées en réponse. Un tableur réunit ensuite, pour chaque URL, le sujet traité, la requête principale, les clics et les liens internes reçus.
Une page qui ne reçoit aucun lien interne est dite orpheline. Google Search Central recommande que chaque page importante en reçoive au moins un depuis une autre page du site. Deux lignes avec la même requête principale révèlent une cannibalisation : ces pages se font concurrence dans Google.
Sur une boutique en ligne, l’inventaire fait souvent apparaître trop d’URL à paramètres indexées, nées des filtres de tri ou de couleur.
Utiliser l’intention de recherche pour regrouper ses pages par thème
L’intention de recherche désigne ce que l’internaute veut obtenir : s’informer, comparer des offres, acheter ou trouver une adresse. Deux requêtes différentes relèvent du même thème quand elles attendent la même réponse, comme « estimer sa maison » et « prix de ma maison ».
Chaque thème s’organise ensuite autour d’une page pilier, la plus complète sur le sujet large. Sur le site d’une agence immobilière, la page « Vendre sa maison » peut avoir pour pages filles l’estimation du bien et les diagnostics obligatoires. Chaque fille renvoie vers la page pilier, et inversement.
Red Island SEO, consultant basé à Madagascar, détaille sur sa page www.redislandseo.com/cocon-semantique-seo une structure à 3 niveaux, avec des pages intermédiaires.
Au-delà de quelques milliers d’URL, l’organisation des contenus peut influer sur leur exploration. Selon le guide de démarrage SEO de Google, des dossiers par sujet, comme /vendre/, aident alors son robot à repérer ceux qui changent souvent. Le même guide déconseille de tout réorganiser d’un coup, car les moteurs comprennent en général un site tel qu’il est.
Redirections 301 et balise canonical pour regrouper ses pages par thème
Chaque URL reçoit l’une de ces 4 décisions :
- la page reste en place et entre dans le maillage interne, le réseau de liens entre les pages du thème ;
- son contenu utile rejoint une page plus complète du même thème, puis son ancienne adresse est redirigée vers cette page ;
- elle reste en ligne comme variante d’une page principale, avec une balise canonical ;
- elle ne sert qu’aux visiteurs déjà sur le site, comme une page de remerciement, et reçoit une balise noindex qui l’exclut des résultats.
La redirection 301 envoie automatiquement visiteurs et robots de l’ancienne adresse vers la nouvelle. Google recommande cette redirection permanente côté serveur chaque fois que c’est possible. Son moteur y voit un signal fort pour faire de la page d’arrivée l’URL canonique, c’est-à-dire l’adresse de référence.
Google déconseille de rediriger de nombreuses URL vers une page sans rapport, comme l’accueil du site. Ces redirections risquent d’être traitées comme des « soft 404 » (des pages jugées introuvables).
Googlebot, le robot de Google, suit jusqu’à 10 redirections enchaînées, mais Google conseille de viser directement l’adresse finale. Les liens internes du site doivent eux aussi pointer vers la nouvelle URL.
La balise canonical, une ligne placée dans le code d’une page, désigne la version à indexer parmi des pages presque identiques. Google la traite comme une simple indication. L’outil d’inspection d’URL de la Search Console affiche l’URL canonique déclarée et celle que Google a retenue.
Conclusion : commencer par le thème le plus encombré.
Le premier chantier peut se limiter à un seul thème, celui où le tableau montre le plus de pages en concurrence. Après les fusions et les nouveaux liens, le guide de Google conseille d’attendre quelques semaines avant de juger l’effet d’un changement. Certains effets apparaissent en quelques heures, d’autres après plusieurs mois. La même méthode sert ensuite à regrouper ses pages par thème sur le reste du site.
FAQ
Le contenu dupliqué est-il sanctionné par Google ?
La documentation de Google précise qu’une part de contenu en double sur un site est normale et n’enfreint pas ses règles contre le spam. Les doublons peuvent en revanche faire perdre au robot du temps d’exploration sur des URL sans intérêt.
Que se passe-t-il quand on supprime une page sans redirection ?
Le serveur renvoie alors une erreur 404, et Google retire l’URL de son index si elle y figurait. Selon Google Search Central, ces erreurs n’ont aucun effet sur la vitesse d’exploration du site. La suppression simple convient aux pages sans visites ni liens externes.
Combien de temps faut-il conserver une redirection 301 ?
Dans son guide sur les changements d’URL, Google conseille de garder les redirections le plus longtemps possible, en général au moins 1 an. Ce délai lui permet de transférer tous les signaux de l’ancienne adresse vers la nouvelle.
Combien de pages filles faut-il prévoir autour d’une page pilier ?
Il n’existe pas de nombre idéal de pages filles. Un thème peut en compter quelques-unes ou plusieurs dizaines, selon le nombre de questions que les internautes posent sur le sujet. Les suggestions de la barre de recherche Google et les questions des clients donnent une première liste.